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Le 30 janvier 2000, Chantal s'envolait au-delà de ses souffrances.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LibrairieVirtuelle

Amour, Cancer, Combat

Récit autobiographique de 12 ans d'amour.

Que la vie était belle 
Quand Chantal riait


Si le hasard gère les rencontres, il prend parfois des chemins sinueux

-"Si vous voulez prendre un dernier verre avec moi, je vous ramène"

Elle est belle, Elle est blonde, ses grands yeux bleus, un peu tristes, remplissent les miens. Son air se veut moqueur pour accepter ma proposition. D'un seul coup je m'envole dans un rêve de bonheur. Vous ai-je dit que je suis un rêveur impénitent, dans le milieu froid et misérablement triste du taxi.  Son milieu à Elle, c'est l'horéca! Deux mondes tellement cruels et tellement parallèles de  part leurs origines et leurs aboutissements. Faut-il être fou, pour croire au romantisme  dans des moments pareils, et pourtant, la soirée qui s'alcoolise dangereusement laisse  dans mes pensées des senteurs de félicité. J'ai quarante-deux ans et Elle trente et un, et je me sens déjà si proche. Etsi Elle le sentait aussi ? Je m'en souviens de cette soirée, on en a reparlé souvent. L'horloge avait sonné quatre fois quand je l'ai ramenée chez Elle. Le trajet du retour, que je voyais en double,m'avait été pénible. Arrivé devant sa porte, je sais que je suis sorti afin de lui ouvrir la portière, je l'ai raccompagnée jusqu'au seuil, et malgré les effluves de houblon, je n'oublierai jamais les lèvres chaudes qu'Elle m'a tendues dans un baiser plein de tendresse et débordant des promesses que j'avais devinées dans son regard....

Que la vie était douce
Quand Elle murmurait


Le petit matin nous a trouvés dans le même bonheur, tout remplis des odeurs de l'autre. 
Le soleil frappait les carreaux, et ses cheveux blonds brûlaient de mille feux. Ce matin là, j'ai banni tous mes levers solitaires et ternes, en me promettant de n'en plus jamais rencontrer. J'avais trouvé mon amie, ma compagne, ma maîtresse,ma complice. 
C'est ce matin là que j'ai décidé de me battre, même et surtout contre moi, pour la garder et pour nous apporter le nectar que la vie ne peut donner qu'aux gens heureux. J'ai ouvert les yeux pour m'assurer que la réalité était pareille à mon rêve, ......  sans m'étonner, elle l'était. La couverture avait glissé pendant nos ébats, et livrait son corps à mon regard...

Que la vie était forte
Quand Chantal riait


Une dizaine de jours s'étaient passés depuis sa sortie de l'hôpital. Après la cérémonie
désagréable et postopératoire chez le professeur N., que je rencontre pour la première fois, et qui lui impose quelques dix ou douze séances de radiothérapie, nous nous retrouvons assis à une terrasse en ville où je l'ai emmenée faire  du shopping, ce qu'Elle adore. Alors que derrière mon sourire, que je voudrais distrait mes pensées naviguent entre deux eaux. J'entends plus que je n'écoute, sa question, que je lui fais répéter deux fois, ce qu'Elle déteste :
-"Et si on partait quelques jours en vacances ?"
-"? ? ? ? ? ?"
-"çà te dirait ?" ...

Qu'elle est belle cette étoile qui m'a permis un jour de croiser son chemin ! Qu'il est agréable de suivre un tel parcours, même s'il est parsemé d'embûches. J'avais déjà entendu parler de l'amour. On l'a chanté, on l'a peint, certain ont même tenté de l'expliquer. Mais de là à le vivre au jour le jour, il ya une marge et nous l'avons franchie simplement presque sans nous en rendre compte. Il n'entre pas dans mes intentions de le décrire, ni même d'essayer. Les mots, c'est certain, ne sont pas encore au dictionnaire. Je citerai seulement Jean Gabin qui disait :
-"Le jour où quelqu'un vous aime, il fait très beau"...
Alors imaginez cette phrase multipliée par deux...

Parfois la vie laisse un répit
Chantal relève les défis 


Avec un courage et une ténacité exceptionnels qui n'appartiennent qu'à cette catégorie de personnes, Chantal reprend ses chemins de luttes quotidiennes. Il n'est d'ailleurs pas rare que ce soit Elle qui me bouscule, m'obligeant à vivre cette vie que je lui ai d'ores et déjà destinée. Elle m'assiste d'ailleurs admirablement quand ma propre maman s'éteint un matin de décembre, Elle répond "présente" chaque fois que mes pensées s'évadent vers une quelconque envie ou quelques vagues projets. Elle lit dans ma tête comme dans un livre ouvert. Je n'ai jamais compris comment Elle y arrivait, et je ne veux pas le savoir, ce devait être sa manière de m'aimer et je sais qu'Elle m'aimait très fort...

Nouvelles batailles, ennemis plus forts
Chantal se transforme pour les combattre encore

 
Pendant ce temps Chantal, avec sa combativité coutumière, envisage son proche avenir
dans un réalisme étonnant, qui souvent me surprend et parfois me fait même un peu peur.
Nos conversations prennent des directions plus graves concernant les décisions à prendre
pour la suite de ses traitements qui seront de toute évidence beaucoup plus lourds à
supporter. Un calme certain et une résignation positive, que je ne lui connaissais pas,
s'installent dans sa manière de vivre, et force,comme si besoin était, mon admiration.
Je pensais avoir épousé une princesse, et je m'aperçois que c'était une reine. Quel que soit le chemin que nous réserve le destin, je suis certain que les années passées dans son sillage m'ont permis de réussir une vie entière, quelle qu'en soit sa longueur.
Quelques quinze jours après sa sortie de clinique, après s'être fait retirer les fils de ses cicatrices, acte qu'Elle a toujours supporté avec appréhension, nous nous présentons au rendez-vous fixé par le professeur F. R., afin d'envisager la suite de ses traitements. Apparemment les injections de "zoladex" ne sont plus nécessaires et même jugées inutiles, il faut envisager en plus d'un autre traitement pharmaceutique à base de "farbutal" et "ostac", la "chimiothérapie". Nous en avions beaucoup parlé, nous l'attendions, nous la redoutions et la voici devant nous, il fallait ...

Une journée à la mer


Le printemps est revenu, sans se soucier des soucis de chacun. Un jour, le soleil nous ayant promis sa présence, nous nous sommes décidés à partir passer une journée à la mer.
Chantal se sentait particulièrement bien et surtout enchantée par ce projet. Vers dix heure trente, nous avons pris la route et une bonne heure plus tard nous étions sur place. Ce genre de journée, que nous avions coutume de passer auparavant, n'avait extérieurement
aucune particularité, sinon que nous éprouvions cette joie immense de nous retrouver
ensemble et heureux. Nous avons donc respecté nos habitudes, c'est à dire, notre café en
arrivant, dans un petit bistrot de la grand place, ensuite notre repas dans un snack sympathique, suivi de notre tour dans les magasins de  cette rue piétonne à regarder tout
et rien ou un éventuel achat intéressant. Main dans la main, comme si le monde se
limitait à  cette rue, que nous connaissons mais, que nous voyons avec un regard nouveau.
Ce regard qui va nous conduire vers un avenir, que nous voulons rempli d'espoir. ...

 

   S A B A M