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Raie
cuit aime
Il
y a des idées qu'on voudrait oublier
Quand
passe un blanc nuage au-dessus d'une tour
Et
que le chaud soleil se met à rigoler
En
pensant au vertige des journées sans amour
Car,
il sait que la vie ne peut être parfaite
Qu'elle
donne à tous les gens des parfums pleins d'espoir
Pour
suivre le chemin qui mène à la défaite
Alors
qu'on pense suivre celui de la victoire
Croiriez-vous que sur terre il soit des jours bénis
Qui apportent en silence la lumière dans la nuit
Une sorte d'arc-en-ciel qui cache sous ses pieds
L'espoir que le soleil nous reviendra en mai
A moins que ce ne soit comme au sein du désert
Une espèce de mirage qui cache la misère
Et qu'au bout du chemin se cache une bataille
Qui ne sera encore qu'un autre feu de paille
Mais
il faut, à coup sûr, assumer nos espoirs
Même
si, très souvent, ils ne sont qu'illusions
Il
faut continuer à manger et à boire
Et
vivre de sourires mais surtout de passion
L'important
ce n'est pas que brûle cette paille
Mais
plutôt l'élément qui y mettra le feu
Pour
qu'enfin nous puissions faire à nouveau ripaille
Et
changer tous les "rien" et tous les "un" en
"deux"
Un plus un égale deux c'est bien mathématique
Et il faut reconnaître que ça nous est pratique
Pour compter des radis ou les tranches dans un pain
Ou les heures que l'on passe en attendant ce train.
Comment peut-on savoir le nombre d'étincelles
Qu'il faut dans le regard de cette jouvencelle
Quand elle voit dans les yeux de son futur amant
Tous les "ciels" que l'amour lui apporte comptant
L'amour
que l'on peut croire souvent si misérable
Et
qui nous a souvent mis le nez dans le sable
Est
pourtant magnifique quand on pense aux mendiants
De
l'amour qui toujours sont au "donnant donnant"
Il
faut laisser les anges s'envoler dans les cieux
Même
si nous refusons le moindre mot "dieu"
Car
quand on tend la main vers une autre qui se tend
Il
faut regarder l'autre avec ses yeux d'enfant
En regardant passer ces amours qui se tuent
A force de creuser dans les envies de l'autre
J'en arrive à penser que même le cœur se mue
En morceau de cailloux où les journées se vautrent
Et la tête me tourne en voyant tous les trous
Qui ne demanderaient qu'une simple caresse
Pour envoyer guérir leurs rêves sans tabou
Dans la douceur nacrée d'un matin de tendresse
Matin,
jour ou soirée, la tendresse est si belle
Elle
est souvent porteuse de bien douces nouvelles
Elle
met dans le coeur des gens désespérés
Un
souffle de bonheur qui les fait respirer
Il
en faudrait bien plus sur cette belle terre
Mais
tous les "dirigeants" préfèrent faire la guerre
Pour
gagner de l'argent, des honneurs, du pouvoir
Et
tant pis pour tous ceux qui ne veulent pas y croire !
Mais tant qu'il restera sur cette espèce de terre
Quelques écervelés pour colorer les airs
Pour vanter de l'amour les plus belles saisons
Et laisser le soleil éclairer l'horizon
On pourra oublier un instant les misères
Les faiseurs de pognons et toutes leurs galères
Et si en fin de compte, il n'en reste que peu
Je souhaite hardiment que nous y soyions deux
Nous
nous retrouverons parmi tous les amis
Qui
un moment ou l'autre ont partagé des choses
Au
détour d'un regard, au détour d'une vie
Au
détour d'un chemin, qu'il fut gris ou bien rose
Nous
pourrons regarder, tout au loin, les montagnes
Respirer
de l'air pur et chanter nos chansons
Sans
devoir pour cela jouer à qui perd gagne
Sans
devoir pour cela recevoir de leçons !
Est-il déjà trop tard ou encore un peu tôt ?
Pour chanter la victoire ou prendre du repos
Prendre un verre dans ce bar et rencontrer la vie
Ou respirer l'air pur qui nous offre l'envie
De partager avec tous ceux qui le désirent
Les notes et puis les mots qui donnent le sourire
Que l'on s'est procuré sous un coin de ciel bleu
Et dans l'unique option d'alimenter nos jeux
Mais
la vie est un jeu que l'on joue à plusieurs
Avec
le monde entier ou à deux dans un coin
Quand
passent les rayons qui caressent le coeur
On
aime à se coucher dans les bottes de foin
J'ai
l'âme qui s'envole vers des sommets radieux
Et
qui croise en passant tous ces gens que l'on aime
Faudra-t-il
qu'on attende l'ouverture des cieux,
Pour
balayer ensemble tous ces fumeux problèmes ?
Peut-on encore parler de ce foin dans les champs ?
Qu'un faucheur obstiné fait sécher au soleil
Sans paraître sortir d'un conte de mille ans
Qu'on aurait retrouvé au sortir d'un réveil
Un peintre de jadis l'avait pris en photo
Peut-on imaginer qu'il y mit deux semaines ?
Alors pourquoi courir à s'en rompre les os ?
Tant qu'on peut se croiser, l'attente n'est pas vaine
Je
sais bien que courir n'est pas votre "credo"
Vous
préférez, bien sûr, attendre dans un coin
Mais
le marcheur doit lui, avec son sac à dos,
Avancer
d'un bon pas s'il veut arriver loin
Regardez
tous ces points qui sont à l'horizon
Nous
n'aurons pas le temps d'aller les visiter
Si
l'on reste sur place attendant que les sons
Des
musiques du monde viennent nous envoûter
Folie de la musique qui m'inonde la tête
Qui encombre les mots qui germent de ma plume
Et qui forment sans cesse des rêves qui s'arrêtent
Sans trouver le moyen de sortir de la brume
Et même cette ligne tout au bout du regard
S'éloigne à chaque fois que l'on veut voir plus loin
Et de toute façon il n'y a pas de gare
A moins que ce vieux quai d'où part le dernier train
Où
vous en allez-vous, avec armes et bagages ?
Vers
un coin reculé du royaume des morts ?
Laissez
ce train partir vers des contrées plus sages
C'est
un coup du destin, un mauvais coup du sort !
Cette
gare au milieu du pays de vos rêves
N'est
jamais qu'une image qui arrive du futur
Ce
n'est rien qu'une vision qui perturbe la trêve
Que
l'on peut partager à force de murmures
Qui parle de partir, si ce n'est qu'en voyage
Pour visiter ces rêves qui dansent à l'horizon
En montrant de la vie un tout autre visage
Plein de rire en cascade et de jeux polissons.
Que dorme ce vieux quai perdu dans la grisaille
Où l'on me conduira quand aura sonné l'heure
Quand j'aurai terminé ma dernière ripaille
Et que je n'aurai plus qu'un grand trou dans le coeur
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