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Les Polymniesations

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Les Polymniesations

        

      Nom met des foies

             Est-ce l'approche du jour qui me fera passer
            La frontière irréelle d'un vingtième de mille ans ?
            Qui me pousse à lancer cette nouvelle idée
            Ou l'envie toute simple d'un recommencement ?
            De toute façon cela a très peu d'importance
            Du moment que nos plumes continuent à écrire
            Nous jouirons sans cesse de ces instants de chance
            Qui font naître en nous des millions de sourires

Cette belle manière de passer les frontières
Des âges et des années sans nous mettre en colère
Nous la devons sans doute à cette vie sans loi
Qui trop souvent a mis notre cœur en émois
Et puis las de jeter, dans les nues, nos pensées
Nous les avons posées au long de nos journées
Pour le plaisir, peut-être, de quelques égarés
Mais surtout pour garder nos rêves éveillés

 

            Il est sûr que le fait d'écrire est un plaisir
            Que nous nous partageons simplement comme cela
            C'est la plume qui décide ce que l'on peut ouvrir
            Dans nos coeurs, dans nos âmes car c'est au cas par cas
            Nos pensées sont, je crois, bien plus fortes que nous 
            Car elles peuvent voler parmi tous ces oiseaux
            Qui se fichent pas mal de c'qui s'passe en dessous
            Entre nuage et tour, ils ne voient que le beau

Plutôt que de trouver sous un tas de rancoeurs 
Un sommeil agité qui ne repose pas
Qui ne laisse dans le coeur que des plaies et des pleurs
Des regrets, des chagrins et bien d'autres tracas,

Il vaut mieux s'envoler parmi les hirondelles
Regarder simplement les étoiles dans les yeux
Et s'endormir le soir en rêvant d'une belle
Qui a dans son sourire bien des matins heureux 

 

            Toutes les femmes qui sourient ont, en elles, la beauté
            Car ce ne s'ra jamais une question de traits !
            Une grimace maussade ne peut jamais créer
            Une envie, une question, pour tout dire un attrait
            Que la vie serait belle si tout le monde acceptait
            De regarder vers l'autre avec des yeux radieux !
            Il ne faut pour cela pas de traits trop parfaits
            C'est une question de don, une question de feu !

Une question qui n'aura pour moi pas de réponse
Car la beauté du monde passe d'abord par le cœur
Et c'est lui qui me guide dans les chemins de ronces
Que la vie, trop souvent, a jeté dans mes heures
Peu m'importent les lignes dessinées un matin
Dans un laboratoire où la rose paresse
Gavée d'eau et d'engrais et entourée de soins
C'est du creux d'un rocher qu'est venu l'edelweiss

 

            Mais, bien sûr, la nature engendre ce qu'elle veut
            Et la terre a pour nous une belle indifférence
            Elle ne s'encombre pas de nos pertes de cheveux,
            Nos entrées en vieillesse ou nos sorties d'enfance
            Tout ce qui tombe sur elle sera vite recyclé
            Et ainsi mélangé à sa matière première
            Elle finira, un jour, par se désintégrer
            Sans aucune conséquence puisqu'elle n'est que poussière

Notre terre est bien ronde et des hommes savants
Nous l'ont bien démontré en étudiant les vents
Mais ils ont oublié dans leur contemplation
Que la nature se fout pas mal de leurs questions
Alors j'ai inventé ce nuage magique
Qui ne se soucie pas de leur problématique
A tous ceux qui voudront s'y promener un jour
Il leur faudra trouver votre invisible tour

 

            Ils seront les bienvenus s'ils ont le coeur pur
            Ils pourront visiter ma tour, les yeux fermés
            Car pour bien déchiffrer ce qu'il y a sur ces murs
            Ils devront y ouvrir leur esprit tout entier
            Pour ne pas se trouver devant une porte close,
            Une trappe, une fenêtre qui ne sont que passages
            Vers quelqu'autre grenier, où mes larmes reposent
            Attendant des nouvelles de votre nuage

Et en se retournant sur le bord du trottoir
Celui qui va tout droit doucement vers la lune
Se traçant un chemin qui émane du noir
En se moquant pas mal des quelconques rancunes
Que l'on a récoltées dans les lueurs du soir
A l'heure où l'on cherchait l'une ou l'autre fortune
Et qui laissaient planer un goût de désespoir
Dans nos cœurs écorchés par autant de lacunes

 

            Pourquoi faut-il toujours penser à nos oublis ?
            Quand le temps est passé il n'est plus nécessaire
            D'essayer de changer l'un ou l'autre repli
            Qu'on nous aura déjà fait payer assez cher !
            Assumer le présent est souvent très ardu !
            Mais nous devons, bien sûr, regarder devant nous
            Pour pouvoir attraper tout ce qui nous est dû
            Afin de contourner tous les tapis de clous

Il est souvent trop tard quand le pied est posé
Et il n'est pas aisé de sauter de coté
Car les risques sont grands de se casser le nez
Sans pour autant savoir où l'on peut retomber
Alors moi je me fie au hasard qui s'en vient
Puisque c'est lui qui joue avec mon quotidien
Et quand la pluie s'abat sur tous les paroissiens
Je pars un peu plus loin avec les comédiens

 

            La vie est pleine de gens qui jouent la comédie !
            Mais faut-il pour autant s'en aller les rejoindre ?
            C'est comme se balader au milieu de la nuit
            Et s'occulter les yeux pour ne voir le jour poindre
            Il faut, je crois, ne suivre que les chemins qui tremblent
            Afin de réapprendre à se tenir debout
            C'est, bien sûr, plus facile de le faire tous ensemble
            Je veux dire avec ceux qui font partie de nous

Il est hissé là-haut ce pavillon d'espoir
Levez un peu les yeux et vous pourrez le voir
Il flotte dans le vent, vous montrant ses couleurs
Invitant à son bord tous ceux qui n'ont pas peur
Tous ceux qui ont à cœur de traverser la vie
Avec dans le regard cet éclat de folie
Nous permettant de croire que "l'homme" n'est pas mort
Même si dans les "gazettes", on veut nous donner tort

 

            Je me fous des journaux qui ne m'apprennent rien
            Sauf le fait que "ces hommes" sont dépourvus de coeur
            Et ne vivent que pour collectionner des biens
            Sans doute pour un peu désenvoûter leurs peurs
            Je crois à l'amitié et, bien sûr, à l'amour
            Puisque c'est la seule chose qui puisse me faire vivre
            Le partage, par exemple, d'un nuage et d'une tour
            Se métamorphose en un beau paquet de livres

Mais on pourrait remplir des coffres tout entiers
Et puis les empiler jusque dans les étoiles
Parviendra t'on un jour à venir les trier ?
Quand une grosse araignée les aura mis sous toile
Oui, bien sûr, je le sais, que notre but n'est pas
D'en faire, oh! quelle horreur, un horrible journal
Racontant par le monde de vulgaires combats
Où l'on se sent vendu comme denrée bestiale

 

            Que non point, mon bon frère ! Là n'est pas notre but !
            Je préférerais même me couper les doigts !
            Envers la société je ne suis pas en rut
            Mais pour la poésie, et bien oui, j'ai la foi !
            Car le fait de se perdre dans des phrases coulantes
            N'est pas dû au hasard d'une simple erreur
            Mais au fait de sublimer tous ces mots qui chantent
            Qui déferlent en pouvant dévaster tous les coeurs

C'est ce qui fait d'ailleurs toute la beauté du geste
La plume se balade quand le cœur manifeste
Réclamant à tue-tête un simple réconfort
Ou un peu de tendresse pour adoucir le sort.
C'est alors que jaillissent en venant de nulle part
Quelques mots récoltés au son d'une guitare
Et les phrases s'alignent, d'elles-mêmes et sans contrainte
Jusqu'à former sans fard, une belle complainte

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