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Les Polymniesations

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Les Polymniesations

        

      Même que na

 Sur la table, on voyait, quelques tranches de pain
Et le café fumant, embaumait le matin
Il régnait dans la pièce une ambiance de douceur
Malgré les murs marqués par les larmes des heures
On pouvait soupçonner, venant de la cuisine
Le son d'une radio qui jouait en sourdine.
L'impatience montait de distinguer ces gens
Qui sentaient bon le calme et le bonheur confiant

            Mais, hélas, du lointain arrivait la rumeur
            D'un conflit qu'on croyait, à nos terres, étranger
            On pensait que d'ici une douzaine d'heures
            Les politiques auraient pu tout bien arranger !
            Mais quand arriva le premier son du canon
            Le ciel s'est obscurci de monstrueux nuages
            Et la peur s'abattit sur toutes nos maisons
            Effaçant d'un seul coup tous nos beaux paysages !

 

Et un homme apparut dans un silence obscur
Il s'en allait défendre la chaleur de ses murs
En laissant sur la table un peu de pain rassis
Une jatte effritée de café refroidi
La douceur du foyer et des larmes d'amour
Qui coulaient sur les joues de celle qui toujours
Attendrait dans l'angoisse devant ce transistor
Que trois quatre ministres se remettent d'accord

            Et la guerre arriva, ce fut le feu, le sang
            Les blessés et les morts se comptèrent par millions
            Tout fut anéanti pendant près de mille ans
            Jusqu'à ce que les hommes demandèrent pardon

            C'est alors qu'on put voir refleurir la nature
            Le ciel se découvrit, faisant place au soleil
            L'eau qui descendait des montagnes redevint pure
            La vie se réveilla de son profond sommeil

 

Allait on repartir vers les mêmes erreurs ?
Courir à travers champs en donnant des coups d'pied
Des coups d'gueule ou de poing, ignorant les valeurs
Que la dame nature avait distribuées
C'est ainsi que "certains" se sentant supérieurs
Ont édité les livres qu'ils avaient inventés
Gommant évidemment ce qui venait d'ailleurs
Et risquait d'attenter à leur notoriété

            On revit en vitrine s'aligner les journaux
            Les hommes reprenant leurs mauvaises habitudes
            Ont oublié d'un coup, tout le bien, tout le beau
            Et se sont contentés de leurs pâles solitudes
            Certains, bien sûr, ont fui les abords des cités
            Pour retrouver, ensemble, les bienfaits de la vie
            Reniant, d'une seule voix, tous les châteaux dorés
            Ils tentèrent de construire un nouveau paradis

 

La vie avait changé et l'homme évolué
C'est du moins ce qu'on a tenté de nous chanter
A grands coups de télés et de publicités
Que l'on soit dans les villes ou les champs égarés
La maison du bonheur s'érige dans le coeur
A l'ombre des mots doux et bien loin des menteurs
Qui ne viennent jamais que bien tard dans la nuit
Avec des mots tordus et des gestes interdits

            Quand pourra t'on enfin accepter tous nos frères ?
            On caresse bien un chien mais on tue l'étranger
            Si l'on remonte le temps bien loin avant nos pères
            On verra que la vie n'est qu'une seule entité
            Si on est sur la terre, c'est pour ouvrir son coeur
            Pas sa vie toute entière, mais ce que l'on peut vivre
            Afin de partager les unes ou autres peurs
            Pour que tous nos enfants puissent le lire dans leurs livres

 

Alors il faut grimper sur tous les toits du monde
Et crier à tue-tête que notre terre est ronde
Que le soleil éclaire jusqu'au moindre recoin
Et qu'il est si facile de se donner la main
Oublions tous ces grands, ces faiseurs de misères
Qui nous font ramasser les fruits de leurs colères
Il faut chanter en choeur sans le moindre détour
Que le seul vrai combat est celui de l'amour

            Mais on ne peut forcer les gens à accepter
            L'amour qu'on veut donner sans en attendre rien !
            L'homme est si redoutable qu'il pourrait profiter
            D'un coeur trop généreux pour lui prendre ses biens !
            Il ne faut pas combattre pour donner de l'amour
            Il faut le déposer aux pieds de ceux qui veulent
            Partager leurs moments, partager leurs détours
            Partager le même air, sans aucun coup de gueule

 

On peut se contenter du peu de c'qu'il nous reste
Et de l'accommoder sans retourner sa veste
Donner à qui en veut du rêve pour pas cher
Du soleil, du ciel bleu, des vues du bord de mer
Et puis des mots d'amour sans autorisation
A consommer tels quels et sans modération
Et sans se référer aux faiseurs de miracles
Qui se basent toujours sur les"dits" des oracles

             Je n'écoute jamais tous ces politiciens
            Qui parlent autour de nous, avec grandiloquence
            Je préfère me pencher pour caresser un chien
            Qui peut m'apporter plus que tous ces gens qui "pensent"
            Regarder la nature donne bien plus de plaisir
            Que de s'asseoir en rond autour d'une grande table
            Pour entendre un oracle prêcher pour l'avenir
            Ce ne seront jamais que de mauvaises fables

 

Où ne viennent que des rats, des blaireaux, des chacals
Pour changer le soleil, la lune et les étoiles
Et même le vent du nord qu'ils appellent mistral
A partir du moment où il gonfle leurs voiles.
J'aime bien mieux rester cet âne sympathique
Et vivre de mes rêves au coeur de mon domaine
L'esprit dirigé par mes idées de bourrique
Attendant simplement que vienne la vilaine

            Qu'elle prenne son temps, cette femme peu amène !
            Il nous reste des choses à écrire l'un à l'autre
            Rien que du vent, je sais, mais qui n'a pas de chaînes
            Nous ne sommes pas des dieux, ne voulons pas d'apôtres !
            L'avantage de pouvoir écrire ce que l'on pense
            Est le fait que l'on n'a aucune obligation
            On écrit sur l'amour, les malheurs et les chances
            Ce ne sont jamais que des Polymniesations 

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