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Nain
porte quoi
J'ai balancé mes clés, mon marteau et mes clous
Dans le fond d'un ravin et je ne sais plus où
Pourtant j'étais certain en prenant ce matin
La route de nulle part au bout de mes chagrins
Que je pourrais revoir un morceau d'avenir
Un p'tit je ne sais quoi qui me ferait sourire
En mettant dans mon sac ouvert sur le néant
Une miche un fruit doux qui croque sous la dent
Pensiez
vous réellement que la Dame fortune
Vous
donnerait le temps de sortir des rancunes ?
Vous
trouverez dans ce sac abîmé par les ans
Un
vieux biscuit qui craque et qui casse les dents
Le
chemin caillouteux qui sera devant vous
Fera
couler vos yeux et trembler vos genoux
Mais
pensez bien avant de refaire marche arrière
Que
tout cet ancien temps n'est plus rien qu'un désert !
Il y a bien longtemps qu'dans
ma boite à vitesse
Le pignon "march'arrière" est plus lisse que mes
fesses
Et le rétroviseur pend lamentablement
Au bout d'une ficelle qui, c'est vrai, dans le temps
Entourait finement mes rêves de futur.
Tout s'est passé bien vite et parfois ce fut dur
Mais il reste, c'est sûr, un petit bout d'encore
De folies et de rires et de sentiments forts
Je
ne demandais pas l'état de vos arrières
Je
disais simplement que dans toutes vos prières
Il
faut que vous pensiez à ouvrir grand les yeux
A
y mettre du temps de l'amour et des jeux
Le
sourire d'un enfant a bien plus de valeur
Que
tout ce pauvre argent qui n'entraîne que des pleurs
Faites
la vie et l'amour mais faites le par plaisir
Sans
trop penser au jour du dernier des soupirs
J'ai parfois cru en Dieu, j'étais
jeune et fervent
Il m'a crevé les yeux et m'a cassé les dents
Alors j'ai inventé de nouvelles prières,
Je me les suis contées en rêvant de mystères
Maintenant que mes ans en forçant le destin
Ont traversé des mers aux courants incertains
Je laisse mon esprit courir en liberté
Au-dessus des valeurs planquées dans un grenier
Il
ne faut pas laisser trop traîner les valeurs
Dans
un coin de mémoire ou au fond d'un grenier
Car
quand revient l'été il est très souvent l'heure
De
choisir son histoire afin de raconter
Aux
amours aux amis, enfin, à ceux qu'on aime
Qu'il
faut vivre sa vie de façon à ne faire
De
la peine à autrui, même quand les problèmes
Sont
très souvent le fruit de leurs maudites guerres
Alors sans crier gare, la lumière
apparait
Le soleil d'un seul coup semble se réveiller
Et les champs et les fleurs retrouvent des reflets
Que nos paupières closes nous avaient enlevés.
Revoilà la musique qui a bercé nos ans
Ces notes qui s'envolent sans se soucier du vent
Et nos coeurs allégés nous murmurent les serments
Qui s'étaient endormis, attendant le printemps
Et
c'est vrai le printemps redonne de la vigueur
A
nos sens qui s'étaient un peu trop endormis
Il
réveille nos yeux mais surtout notre coeur
Par
je ne sais jamais quelle formule de magie
Il
est temps de crier à tous qu'on est vivant
Et
tant pis pour la casse qui pourra se produire
Ce
monde est envoûté par trop de faux-semblants
Nous
n'avons plus le temps de nous laisser réduire !
Laissons à cette dame qui promène
sa faux
Le temps de nous trouver, toujours un peu top tôt
Son visage est creusé par son triste boulot
Et je n'ai pas envie de lui montrer mon dos.
Peut-être, en attendant, on peut monter plus haut
Au sommet d'une tour, où le ciel est plus chaud
Profitant d'un nuage qui nous donnera l'eau
Faisant tourner les ailes d'un moulin tout nouveau
Vous
restez comme moi un fameux doux rêveur
Qui
pense que la vie est une sorte de cadeau
Sachez
bien que ma tour pour les autres n'est qu'un leurre
Et
que votre nuage ne fournit jamais d'eau
Il
faut au fond de soi cette douce folie
Pour
entrer dans vos brumes ou mon bout de château
Mais
de toute façon il vaut mieux qu'on en rie
Afin
de n'accepter de la vie que le beau
C'est dans l'onde légère que
l'on peut se noyer
Sans risquer ces revers, si lourds à digérer.
Nos coups d'épée dans l'eau des nues imaginaires
Ne veulent blesser personne aux bordures de nos terres.
Je vous en prie encore, soignez votre maison
Elle est pour moi refuge à bien des tentations
Et si parfois il pleut ce n'est qu'un petit signe
Qui dit que ton frère pleure, mais qu'il veut rester digne
Une
seule de vos larmes est bien plus qu'un torrent
Elle
pourrait noyer la folie des chimères
Qui
nous ont fait rêver au travers de nos ans
Sans
avoir eu jamais le moindre goût amer
Il
faut se secouer, se dire que rien n'est fait
Au-delà
des espoirs qu'on peut imaginer
La
vie n'a pour personne aucune forme de regret
Il
faut continuer à rire et à chanter
Je me suis embarqué avec tous
mes paquets
Sur un rayon de lune qui doucement passait
Par hasard et aussi par une nuit de mai
Enrobée des senteurs que lançaient les muguets.
Une étoile semblait égarée dans le noir
M'accrochant à ses bras, j'lui ai dit mes espoirs
Son éclat s'agrandit faisant plaisir à voir
Puis l'aube, se levant, ne voulu rien savoir
Cette
étoile n'est, sans doute, qu'une quelconque chimère
Qui
passe pour hanter votre vision du bien
Si
elle ne reste pas n'en soyez pas amer
C'est
que votre parcours ne lui apporte rien
Regardez
l'horizon il s'éloigne toujours !
On
ne peut rattraper cette ligne qui fuit
Il
vaut mieux se poser et rêver à l'amour
Que
l'on voudrait garder mais qui souvent s'enfuit
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