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Les Polymniesations

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Les Polymniesations

                

Les Polymniesations

        

       L'aigre Nadine

 Elle avait des allures de garçon polisson
En grillant sa "belga" le soir sur son balcon
Ses yeux noirs débordaient du trop plein d'émotions
Que son cœur "prisonniait" sans aucune raison.
Elle rêvait d'un amour entrant dans sa maison
Par une porte de secours ouverte à la passion
Mais elle ne savait pas qu'au bout de l'horizon
L'attendait un beau prince sur son bel étalon

            Attendez ! Attendez ! Le beau prince en question 
            N'est, peut-être jamais, qu'un infâme pochetron
            Qui rentre aux petites heures en étant plus que rond 
            Semant ses salissures jusque sur le balcon
            Le présent de la vie est mille fois plus profond
            Que ces idées qui donnent une autre envie du "bon"
            Retenons entre nous cette belle leçon
            En laissant s'échapper tous nos mots sans raison !

 

Pourquoi donc rappeler cet horrible garçon
Qui rentrant aux aurores d'une virée sans nom
Se cognait tout partout et parfois le menton
Sur les murs qui souvent devenaient le plafond.
Je me souviens de lui et de tous ces flacons
Que l'on se partageait et que l'on trouvait bons
Si j'en parle aujourd'hui c'est bien dans l'intention
De noircir cette page sans faire de brouillon

            Pendant que vous me dîtes "ce ne sont pas des façons"
            Je me souviens des jours où tous deux plus que cons
            Nous avalions sans cesse de bizarres flacons
            Qui faisaient chavirer nos piètres horizons
            Il faut vivre son temps le mauvais et le bon
            Ne jamais regretter ce qui fit nos chansons
            J'ai en moi pour la vie tellement de passion
            Que j'en oublie la route qui ramène à Pluton

 

Ne nous égarons point, rappelons nos moutons !
Nous parlions des gamines peut-être des Suzon
Et non pas de ces frasques que nous ne regrettons
Pas le moindre du monde sans aucune façon.
Permettez-moi du moins d'étaler les passions
Qu'on peut imaginer entre filles et garçons
Quand les chemins les mènent vers d'autres horizons
A travers tous les rêves, les rires et les chansons

            Vous parlez de ces temps où, couverts de boutons,
            Nous ne pensions jamais qu'à trousser les jupons
            Délaissant les copains, les paquets de bonbons
            Les parties de football et la télévision !
            Mais ces temps révolus nous ont donné le don
            De sourire en voyant ces filles et ces garçons
            Qui perpétuent ces gestes en parlant de passion
            Sans savoir que le chemin peut être encore long

 

On a tous un sentier au bord de sa maison
Qui mène vers un port, une gare ou un pont
Et c'est là que commencent les séries de questions
Qui n'ont pas de réponse ni moindre solution.
Quand les dés sont jetés on s'en va au charbon
Si sous le vent les braises rougissent d'émotion
Il faut bien renouveler sans cesse les tisons
Qui permettent à nos cœurs de rester dans le ton

            Ne cherchez surtout pas à ce thème une raison
            La sagesse n'est jamais qu'une forme de don
            Qu'on reçoit comme reçoit ses plumes le pigeon
            Il faut la partager comme nous le pouvons
            Sans jamais faire de bruit ou user du klaxon
            Quand on la gonfle elle ne devient rien qu'un ballon
            Qui se perd dans l'espace aux confins de Junon
            Mais puisqu'on se fout bien de tout "qu'en dira-t-on..."

 

Vous parlez de ces bruits qui viennent et puis qui vont
D'une bouche et d'une oreille et puis qui tournent en rond
Tout autour d'une table parfumée au houblon
Et qui demain feront s'encourir les poltrons
J'ai ouï dire en effet à diverses occasions
Que ces paroles oisives s'entouraient de poison
Semant la zizanie dans toutes les directions
Pour sûr que sur ma route je bannis ces actions
                            

            Continuons la route ! N'allons pas en prison !

            Sans garder ces doutes que nous monopolisons
            La vie n'est pas un jeu, mais une tendre passion
            Qui tend vers l'infini, comme dans l'eau, des ronds
            Et qui doit s'arrêter quand finit la chanson
            Car on ne peut jamais rattraper l'horizon
            Il s'enfuit devant nous loin de notre vision
            Poursuivons le chemin, même s'il est un peu long

 

Il me plaît de vous dire que j'aime votre façon
De relativiser ces brumeuses oraisons
Mais j'aime regarder le bout de l'horizon
Pour remplir mon regard de ces couleurs de fond
Et m'envahir l'esprit d'images et de passion
Vous savez que le bleu de mon embarcation
N'est faite que de brume et de belles illusions
Ce n'est que dans le rêve que je suis un champion

            Allô maman bobo ! comme dit si bien Souchon
            Revenons donc au temps où ,très jeunes garçons,
            Nous n'avions comme Villon que des envies d'avions
            Pour planer au-dessus de cette terre sans pardon
            Nous enrobions la vie de flûtes et de violons
            Pour quérir dans les cieux de quoi faire nos chansons
            Nous avons réussi toutes nos évolutions
            Mais où donc est passée notre révolution ? 

 

J'ai toujours eu très peur de tirer au canon
Et les coups de terreur ne viennent qu'en wallon
Qu'ils tonnent à Namur, à Liège ou à Blaton
Ils ne feront jamais trembler un bataillon
Il me revient parfois l'image du saint Patron
Qui remettait de l'air dans mon accordéon
Et je me fais plaisir en sifflant ces chansons
Qui ne s'endorment pas dans l'ombre d'un sillon

            Vous répondez bien vite ! Est-ce du "captagon" ?
            Que vous prenez sans cesse comme on prend des bonbons ?
            Quand je vous parle ainsi d'une révolution
            Je veux parler de celle que l'on fait sans canon
            En remaniant les textes que nous poétisons
            Je ne veux pas vous voir dans l'axe d'un tromblon
            Rigolant à l'idée de mourir pour de bon
            Car pour vivre sans trembler nous avons le pompon

 

Est-ce que le fil des jours, que l'on dit compagnon
Doit continuellement se cogner le menton ?
Quand revient le printemps et ses résolutions
En regardant germer les tous premiers bourgeons
Mes seules armes ne sont que celles de Cupidon
Et ne font pas trembler le moindre moucheron
Un amour s'est caché au bout de mon crayon
Dont les traits ne vont pas gommer les émotions

            Mais ne faites surtout pas l'infinie confusion
            Entre le bel amour et la belle illusion !
            Celle qui fait au coeur de fameuses contusions
            Il y a tant de leurres qui referment la prison !
            Regardez devant vous, évitez tous les ponts
            Qui font croire au passage vers l'ultime émotion
            Si jamais vous voyez un rouge chaperon
            Ne jouez pas au loup gardez votre raison !

 

Au risque d'un matin re brouter du gazon
Et regarder les loups se payer un mouton
Il faut garder fin prêt le mince balluchon
Où sommeillent en secret les livres de carton
Jaunis par les silences ou noircis de sermons
Faut-il laisser dans l'eau ce minable hameçon ?
Qui n'intéresse pas le plus petit gardon
Et remonter le fleuve au plus haut de l'amont

            Si vous prenez le fleuve dans cette direction
            Est-il bien nécessaire de faire le moussaillon ?
            On n'est pas obligé d'aller à Cavaillon
            Lorsque l'envie nous prend de manger du melon
            On ne doit pas vraiment dessiner un brouillon
            Lorsque, jeunes amoureux, on parle du rejeton
            Qui viendra bien plus tard et jouera au ballon
            Avant de s'endormir après un biberon

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