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Les Polymniesations

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Les Polymniesations

        

  Ca craint

             Voilà qu'elle revient cette solitudinaire
            Mêlant tous les chagrins aux regrets de la terre
            Faisant naître une errance dans mon coeur si fragile 
            Ca me vient de l'enfance oui je sais c'est facile 
            Mais pourtant j'aurais pu dans cette liberté
            Faire un nouveau salut à une éternité 
            Quand le coeur est trop con pour enfin se refaire
            Il faut dire :"assumons ce retour vers l'arrière"
            Mais le ventre se défend des progrès incongrus
            Que l'on met au devant de ce qu'on a vécu 

Et cette solitude qui était légendaire
Revient dans l'avenue quand est finie la guerre
Elle a le teint fragile mais je la sais tenace
Comment la rejeter quand elle parait si lasse.
Mes mains s'ouvrent vers elle et mon coeur se resserre
Mon esprit veut la fuir connaissant les misères
Qu'elle peut imaginer sans faire de grimaces
A mon âme blessée sans en changer la face.
Comment l'assassiner? La retourner en terre?
Et laisser ses mystères dans le fond de l'enfer

 

            Les enfers sont toujours enfouis au fond de l'âme
            Que faut-il mériter pour en défaire la trame ?
            On résiste, on se bat, on croit pouvoir gagner !
            Mais les forces qu'on combat sont trop démesurées !
            Alors le coeur aigri par bien trop de défaites
            On met tout par écrit pour que rien ne s'arrête !
            La folie que l'on croit si souvent passagère
            Fait entendre sa voix du fond de nos mystères ! 

J'ai refermé les yeux et j'ai tendu l'oreille
Mais le noir est venu me parler de silence
Sa planche de salut était restée pareille
Et le bois vermoulu m'en écoeurait les sens
Peut-être que volant tout droit vers le soleil
Dans un mas tout petit comme on voit en Provence
J'aurais pu doucement assister au réveil
De la douce folie qui m'avait mis en transe 
 

 

            Mais ces heures passées à ne savoir que faire 
            Ont changé mes idées, ont ouvert un désert
            Alors sans trop savoir à quel saint me vouer
            J'ai repoussé ce noir sans savoir où aller
            Les pièges qui m'attendent ne me font pas bien peur 
            Car pour que je me rende au-delà des couleurs
            Qui me font subsister il faudrait que le sort
            Soit bien plus aiguisé et me montre la mort

Mais je l'ai vue, la mort, et je n'ai rien compris
Mis à part ce grand vide, qu'on appelle liberté
Et qui place des chaînes à c'qu'on nomme la vie
Qui torturent le coeur et empêchent de marcher.
J'n'ai pas bien peur des coups ni de ces pièges qui
Se cachent un peu partout au détour des sentiers,
A l'ombre des clochers et des bonheurs détruits
Apportez-moi ce noir que je puisse le tuer ! 

 

            Vous ne le pouvez point, il nous est dévolu !
            Il arrive plus ou moins rapide que l'absolu !
            Mais ne croyez-vous pas que le fait d'en parler
            Peut aider au combat qu'il nous faudra mener ?
            Car la mort, ce n'est pas, un passage vers l'oubli
            Ce n'est jamais qu'un pas que l'on fait dans la vie
            Un geste qui nous change des habitudes bizarres
            Bizarres ! Comme c'est étrange, ce n'est rien qu'une gare !

Où il n'est pas de train ni même un contrôleur
Pour trouer ce ticket qui n'a plus de valeur
Et pour ce grand départ, s'il y a des mouchoirs
C'est pour cacher les larmes ou bien pour y faire croire.
Peut-être qu'un nuage qui passait par hasard
Voudra me prendre en charge vers l'une ou l'autre mare
Pour me permettre enfin d'aller au gré du vent...

            Mais c'est une autre histoire pour un autre passant               

                     

            N'importe quelle personne est une partie de nous
            La moindre petite pomme est un morceau du tout
            Pas seulement de la branche d'où elle vient de tomber
            Mais de ce qui déclenche cet univers entier
            Alors pourquoi s'en faire pour nos petites vies
            Et faire tant de mystère autour d'une sortie
            Car ce n'est qu'une entrée vers une dimension
            Que nous aurons créée sans en avoir le don

Et moi, tout petit grain sur cette plage déserte
Je ne connais personne même pas mon voisin
Je me donne à chacun comme  la brise offerte
Qui souffle doucement sur ce monde incertain.
Je ne sais si ce soir je recevrai ma perte
Ou si je voguerai vers un autre chemin
Si je retrouverai une autre plaine inerte
Ou laisserai à d'autre le choix de ce destin

 

            Ce n'est pas une question de choix ou bien d'envie
            Car tout ce que l'on donne n'est jamais oublié
            Il n'est pas de raison dans cette belle vie
            Pour qu'il y ait maldonne qui ne soit méritée
            La passion qui nous pousse vers notre destinée
            N'est jamais qu'une portion de notre âme perdue
            Qui boitille et qui tousse afin de se chercher
            Mais qu'importe la saison, se retrouve à la rue

Et je retourne en vain mon plan de tous côtés
Boulevard ou avenue, cul de sac ou chemin
Je n'y vois de trajet ni de parcours fléché
Même la rose des vents change tous les matins.
Mais il n'y a pas là matière à m'inquiéter
Je n'peux de toute façon diriger mon destin
Qu'il me mène où il veut même dans les graviers
Je me ferme les yeux et mon coeur se souvient 

 

            Si j'ai fait dans ma vie tant d'allées et venues
            C'était pour essayer de donner du bonheur
            A ces gens qui souvent sans y penser me tuent
            Qui pensent tout comprendre mais ce n'est qu'du "par Coeur"
            Lorsque ça me revient, j'ai l'âme qui se tord
            Je me dis que peut être demain tout sera beau
            Les enfants chanteront sans penser à la mort
            Et nous pourrons voler enfin comme les oiseaux

Et nous pourrons alors ouvrir en grand la porte
Tout en haut de la tour, le nez dans un nuage
Pour accueillir le monde et les gens de toute sorte
Emportés par le vent qui gère les voyages.
Les enfants nous feront des guirlandes de roses
En dansant sur les chants des oiseaux de passage
Ils nous inventeront de pleins cahiers de prose
Et raviront nos âmes et nos coeurs enfin sages    

 

            La sagesse est, je crois, une grande vertu
            Que je n'aurai jamais qu'au moment de la mort
            Lorsque je gravirai ce chemin très pentu
            Qui me délivrera de tous mes coups du sort
            Mon âme sera libre au sortir de ce monde 
            Je ne devrai plus suivre les visions de mon coeur
            Je partagerai toutes mes envies à la ronde 
            Lorsque je reverrai le sourire de ma soeur 

Je ne peux pas attendre de partir en fumée
Dans un ciel incertain encombré de chimères
Tout parsemé de doutes et d'étranges idées
Que certains soirs d'hiver me racontait ma mère.
Je veux revoir en songes et cela tous les jours
Ces souvenirs profonds qui peuplent mon passé
Il en est de jolis mais il en est des lourds
                              Et c'est bien grâce à eux que tout peut arriver                               

                      

            Les surprises vont parfois au-delà de l'espoir
            Quand on s'attend à tout et qu'il n'arrive rien
            Si l'on doit se gausser de vivre de mémoire
            On reste dans ce trou que l'on croit être sien
            Le passé n'est bien sûr pas à mettre au rebut
            Mais c'est bien le présent qui nous fait exister
            On ne peut renier ce que l'on a connu
            Mais tant qu'on est ici il nous faut avancer !

Dans une direction qui n'est pas indiquée
Et dont les risques sont bien souvent négligés
Pour nous mener peut-être vers la pleine lumière
Ou dans ces marais sales au fond d'une carrière.
Mais pouvons-nous changer notre façon d'agir ?
Serons-nous raisonnable au point de réfléchir ?
Pour regarder devant comme à notre habitude
Le coeur baigné de rêve et de béatitude 

                                                      

            On ne peut espérer qu'une belle sortie
            Et que nos pas nous mènent vers un chemin d'amour
            Elle est si pernicieuse cette maudite vie
            Qu'elle fait fuir les nuages et fait tomber les tours
            Il nous faudra cent fois regarder vers le ciel
            Avant d'apercevoir le moindre cumulus
            Ou alors prendre briques, fil à plomb et truelle
            Et suer comme pour Rome le fit Romulus

J'aime mieux replacer un coussin sur ma chaise
Affûter une plume et me remettre à l'aise
Inventer des mots doux sans en faire une thèse
Et les laisser filer comme on dit "à l'anglaise"
Les chantiers audacieux ne sont plus pour ma pomme
Et puis quand je regarde ce qu'est devenue Rome
J'ai le coeur qui se serre en pensant à cet homme
Pour fonder cette ville il s'est tué en somme 

 

            On aurait l'air malin avec les pieds sur terre !
            Quand on a l'habitude de déployer ses ailes
            On fréquente les oiseaux qui survolent la mer
            En faisant des dessins en plein milieu du ciel
            Il est vrai que rêver n'est pas une question d'age
            Que le coeur peut s'ouvrir et donner de l'amour
            Mais la porte de sortie n'est elle pas un nuage ?
            Ou une simple tour fermée à double tour ?

Si vous venez un jour visiter mon nuage
Prenez vos précautions car c'est un long voyage
Si vous voulez entrer, pas besoin de bélier
Les accès sont ouverts et ce de tous côtés
Il n'y a pas de piège comme dans les pyramides
Pas de vilains oiseaux vous jetant dans le vide
Il n'y a que des âmes qui racontent toujours
L'amour qu'elles ont trouvé au hasard d'une tour   

            

            Pensez-vous réellement qu'il y ait du hasard
            Autour de mon esprit quand il est dans sa tour ?
            Je l'ai bâtie sans haine à l'approche des départs
            Qui ont mis de la peine dans toutes mes amours
            Les portes en sont fermées pour que j'y puisse pleurer
            Sur la vie qui sans cesse me fait voir des mirages
            Elle n'est pas aérienne mais je peux m'y cacher
            Car son sommet est plus haut que votre nuage !

Il n'est pas nécessaire de m'envoler bien haut
Quand je veux transformer mes chagrins en ruisseau,
J'en ai fait des paquets sans emballage cadeau
Et puis je les promène dans un vieux sac à dos,
Ils sont parfois pesants mais ils collent à ma peau
Et je me les raconte quand le vent chante faux
Ou que le ciel m'égare dans l'ombre d'un château
Où s'enfoncent mes rêves comme des cailloux dans l'eau 

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