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Des
sans dent
Une pomme bien rouge que
l'on nommait d'api
M'est tombée dans la main
un soir dans le verger
J'ai pensé sans malice que
ce jour soit bénit
Et sans plus réfléchir
j'en ai fait mon dîné
Mais pardieu si le ver était
déjà dedans !
Le voila me narguant de par
mon intérieur
Ayant passé sans leurre
l'obstacle de mes dents
Il peut tout à sa guise me
torturer le coeur
Si
le ver est en vous il peut vous torturer
Si
le vers est en vous il doit vous faire sourire
Puisque
nous en faisons une façon de penser,
De
chanter, d'espérer, de parler et d'écrire
Le
plus dur, en ces temps, s'il lui manque le "S"
Sera
de le tuer à coups de vermifuges
Et
ensuite d'aller vous installer sur vos fesses
Et
de faire sortir dans le p'tit coin refuge
Vous me faites bien rire
pour faire sortir ce ver
S'il s'est mis dans mon
coeur, c'est pour y habiter
Et non pour avaler vos remèdes
de grand-mère
Qui ne lui serviront même
pas de déjeuner
Alors pour le bien être de
nos joutes amicales
Je vais garder ce vers et
bien l'apprivoiser
Pour qu'il garnisse encore
ce petit madrigal
Après on verra bien ce
qu'il reste au dîné
Quand
on me tend la perche, je la prend en revers !
Pour
prouver que mon coeur est toujours aussi vert !
Alors
d'une pirouette, je me laisse aller vers
L'humour,
que vous ne prendrez jamais de travers
Car
les styles pour l'écrire sont souvent très divers
Ne
soyez, surtout pas, d'un jugement trop sévère
Pour
ces mots qui sortent de mon esprit "à l'envers"
Ce
n'est jamais que pour continuer ces vers
Je sais et je connais vos
grands coups de tonnerre
Surtout ceux qui concernent
nos échanges de vers
Parfois je les provoque
pour que vos poings se serrent
Vous devinant montant sur
vos ergots de fer
Et c'est le coeur léger
que j'attends en revers
La réponse qui ne sera
jamais de travers
Si la vie a voulu nous
faire devenir frère
C'est qu'elle a ses raisons
et laissons la donc faire
J'aime
tellement titiller vos petits points sensibles
Que
souvent je vous lance mes flèches envenimées
Non
pas par du poison, mais par des mots risibles
Qui
ne sont jamais faites que pour vous amuser
J'espère
que cela durera l'éternité
Pas
l'éternité du temps mais celle du "sans gène"
Puisqu'on
ne peut prévoir l'avenir du passé
Surtout
que vous avez atteint la soixantaine !
Me voici arrivé si je vous
comprends bien
Au mitant de mon cycle et
toujours très content
Je ne compte pas bien sûr
ces années de terriens
Où l'on passe ses jours à
balayer du vent
Car cette éternité dont
vous faites allusion
Est ancrée dans nos âmes
et ce pour bien longtemps
Et quand viendra la dame
faucheuse d'illusion
Restera l'un de nous pour
parler de ce temps
Tout
ce qui est dans l'âme y reste pour "toujours"
C'est
l'unique moment où l'on peut employer
Ce
mot qu'on utilise pour faire rimer "amour"
Et
qui, bien trop souvent, n'est que futilité
Tout
ce qui est dans l'âme fait partie d'un tout
Qui,
si il disparaît, y restera ancré
Pour
un frère, un ami, un amour, un toutou
Mais
y restera ancré pour l'éternité
Le vent reprend son souffle
et pousse les nuages
Vers le temps qui s'en fout
de traverser les âges
De retourner les terres ou
d'assécher la mer
Que ce soit sur la lune, vénus
ou jupiter
Que voulez-vous qu'il fasse
de ces quelques années ?
De ces gens qui
s'esquintent pour avoir des idées
Profitons de ces jours et
vivons-les vraiment
Et les restes, pardi,
seront pour les suivants
Les
suivants font souvent partie des gens qu'on aime
Qu'ils
soient amis, parents ou simples camarades
Il
ne faut pas qu'ils aient le plus petit problème
A
cause de nos idées ou de nos incartades
Nous
devons, sans ciller, faire de notre mieux
Pour
que la vie soit douce et utile à ce monde
Qui
nous a donné des messages bien curieux
Mais
qui nous a permis de danser dans la ronde !
Quand une aiguille se fige
au moment fatidique
Les souvenirs s'unissent et
forment quelques temps
Une aura colorée qui n'a
rien de magique
Et qui se refroidit après
quelques instants
Ces départs ont toujours
une part d'inconnu
Et les participants sont
loin d'être d'accord
Puisqu'il n'y a personne
qui les a prévenus
Et les suivants n'ont plus
qu'à dessiner leurs sorts
Tout
d'abord les aiguilles continuent à tourner
Même
quand s'arrête un jour notre horloge intérieure
Et
les suivants n'ont jamais rien à dessiner
Ils
peuvent juste espérer que passent bien les heures
La
vie est ainsi faite quoique vous en pensiez
Nous
n'avons pas de choix, à part quelques options,
Alors,
jour après jour, il faudra se plier
Pour
le temps, l'espérance, le dieu ou le démon !
Je ne connais pas dieu mais
j'aime mes démons
Quand bien même parfois
ils m'enferment le coeur
En d'étranges aventures
qui me font la leçon
En mélangeant souvent les
rires et les pleurs
Si l'on y réfléchit c'est
de cette façon
Que l'on peut partager ces
minutes et ces heures
Sans devoir se creuser la tête
tout du long
Même si quelquefois se
faufile une erreur
Quand
je parle de dieu je ne parle pas "Dieu"
Mais
de tout ce qui peut nous rattacher au bon
Ce
qui peut quelquefois nous ouvrir grands les yeux
Afin
d'accorder à d'autres notre pardon
Si
le temps nous fait chaque jour un peu plus vieux
Ce
n'est pas une oeuvre de nos fichus démons
Et
nos erreurs ont parfois un goût merveilleux
Car
elles sont notre forme et jamais notre fond
Et ce temps qui toujours mélange
nos passions
Faisant de ce présent une
cuve à cuisson
Où futur et passé
mijotent à l'unisson !
Les erreurs, les victoires,
qu'on en soit fier ou non
Donnent tous leurs piments
à la préparation
Tandis que les projets qui
pointent à l'horizon
Présage d'un fumet que
l'on souhaite bon,
Pourvu que nos folies écartent
nos démons
Démon,
des monts, dès mon plus jeune age j'ai compris
Que
la vie est un plat qu'il me faut savourer
Avec
plein de bonheur, de vouloir et d"envie
Afin
de diffuser mon trop plein de gaîté
Et
les jours où le noir a voulu m'entourer
J'ai
construit cette tour pour pouvoir y enfouir
Tous
mes doutes, mes douleurs, mes mots assassinés
Grâce
à ça j'ai gardé tous mes plus beaux sourires
Les bonheurs que je garde
enfouis dans mes mémoires
Bien caché à l'abri des
coups de pieds au coeur
Je les guette en secret
quand je suis seul le soir
Et que surgit parfois
l'image des rancoeurs
Je m'invente un festin où
la table est immense
Où tous les inconnus
viennent y faire la fête
On mange on chante on boit
sans arrêter la danse
Et le vin coule à flot
sans monter à la tête
Le
vin est un refuge qui me plait assez bien
Car
les doutes envahissent mon coeur quelquefois
Et
les dégâts qu'il fait sont moindres que les miens
Il
n'attaque pas l'âme, seulement un peu le foie
Mais
lorsque la nature m'ouvre bien grand les bras
Je
ne pense plus à rien qu'à respirer son air
Je
laisse tous mes flacons dans l'armoire du bas
Et
m'étend tout heureux sur cette sacrée terre
Quand le doute s'installe
me posant la question
"Qu'est-ce que je fais
ici un verre vide à la main
Alors que dans le ciel
s'envolent mes passions
Et que mon âme en pleur
interroge le malin ?"
La nature a sans doute plus
d'une solution
Mais elle reste cachée
dans l'ombre des chemins
Qui m'ont souvent donné
une bonne direction
Pour sûr pas la meilleure,
mais ça c'est le destin
C'est
vrai qu'il est bien beau votre rêve de ripailles
Mais
n'oubliez jamais que l'on vit au présent !
Et
que l'age venant, souvent le soir on baille
Après
avoir mangé, et je vous sais gourmand !
Mais
le rêve n'est qu'un rêve et il a l'avantage
De
nous faire oublier la vie de tous les jours
Il
ne peut, je le crois, faire office de présage
De
boissons, de chansons, de danses ou bien d'amour !
Il survient quelques fois où
le rêve s'éveille
Alors pour tout un jour
notre âme s'émerveille
En chantant à tue-tête un
bon verre à la main
Entouré des amours
oubliant les chagrins
On peut créer ainsi une
journée de liesse
Que l'on pourra ranger dans
un coin de la pièce
Où dorment tous les rêves
que l'on croyait perdus
Et pourquoi pas demain,
pourraient être relus
On
se lit, on se lie et puis on se délie
Mais
le lit que l'on vit peut nous donner envie
De
changer notre route même si elle dévie
Le
serment que l'on fit et puis que l'on dénie
Je
ne veux pas de ça car je veux que l'on rie
Que
l'on pleure, que l'on chante qu'on vive cette vie
Car
il faut boire tous les raisins jusqu'à la lie
Et manger tous les pains de la croûte à la mie page
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