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Préface
Bonjour,
je me prénomme Pascale.
Vous
ne pourrez pas me contacter car je n'existe que dans
l'imagination de l'auteur.
Il
m'a faite jeune, jolie, et indépendante, à l'aube de prendre
une direction dans une vie que je n'ai pas encore choisie.
Les
chemins qu'il me fait traverser sont parsemés de coups du sort,
parfois banals, souvent très pénibles. Il les puise dans ses
pensées ou dans des anecdotes qu'il a lui-même connues ou dont
il a eut connaissance
d'une manière ou d'une autre.
Les
souffrances qu'il m'inflige sont de tous les genres, autant
physiques que psychiques que morales.
A
chaque fois, il m'oblige à trouver la force de me relever,
quand bien même ces douleurs voisinent avec l'intolérable et
le contre nature.
D'un
autre coté, il me fait rencontrer des personnes dignes,
capables de m'apporter leur soutien, leur confiance et une amitié
sincère, et peut-être le "grand amour"
Mais
çà, pour le savoir… il vous faudra lire
mon
histoire !
Ave.de
la Grande Eglise
Un
dix-sept août, à quelques années du troisième millénaire…
…Le
soleil déjà chaud éclaire cette belle avenue qu’est devenue
la petite rue de la Grande Eglise, et que les responsables
communaux ont rebaptisé Avenue de la Grande Eglise après les
travaux.
Il
n’y a pas si longtemps, les gros pavés conduisaient les véhicules
sur deux bandes de circulation, et le tram descendait en parallèle
sur le coté gauche.
Le
trottoir de droite, large d’au moins huit mètres, longeait
les petits parterres devant les maisons, pour la plupart
commerciales, en donnant ainsi une vaste plaine de jeux aux
enfants du patelin.
C’est
peut-être à tout cela que rêve Pascale en se rendant à son
travail ce matin là, en laissant planer distraitement son
regard sur les nouveaux acacias, plantés soigneusement dans de
petits carrés de terre tous les vingt mètres....
Au
sac de nœuds
Le
grand Pierre, patron de l'établissement, est installé, comme
à son habitude, dix heures par jour, sur un grand tabouret au
coin du comptoir, juste à l'entrée de la terrasse.
Bâti
comme un chêne, cet athlète de bientôt soixante
ans, surveille son domaine depuis le début des années
soixante, avec la même conscience plus ou moins nette suivant
les circonstances.
Ce
bâtiment, qu'il a hérité d'un tonton en sucre célibataire et
ancien colonial, a jeté les bases d'une petite fortune, qu'il
n'a jamais cessé, sur le fil de la légalité, à faire
fructifier.
La
grande vogue des "machines à sous", quand il a créé
son énième société de placeur de jeux, a largement contribué
à grossir son bas de laine. Un peu d'immobilier, un rien
d'assurance et un soupçon de prêts sur gage lui ont permis
d'assurer son train de vie plus qu'agréable.
Célibataire
lui aussi et sans descendance déclarée, il n'en possède pas
moins un agenda aux adresses féminines particulièrement bien
fourni, mais aucune jusqu'à présent n'a pu lui ravir le cœur
ni surtout le compte en banque....
Re-départ
L'automne
vient de s'installer sur la ville et la réalité reprend ses
droits sur les obligations de la vie.
Parfaitement
secondée par ses proches, Pascale vit cette traversée de
l'enfer avec ce courage et cette détermination, parfois déconcertante,
qui étonne souvent mais qui force l'admiration de tous.
Parmi
ses proches se trouve bien sur maman Lisa, qui au risque de le répéter,
fait passer ses propres douleurs en second lieu, pour assurer à
sa petite fille, et ce vingt quatre heures sur vingt-quatre, un
soutient tant moral que physique.
Le
docteur et son épouse se relayent également auprès des deux
dames, apportant toutes leurs compétences médicales et
sociales, afin de reprendre cette nouvelle direction que la vie
impose.
Le
commissaire s'est chargé de toutes les obligations légales, et
des diverses transactions avec les administrations et les
bureaux d'assurances concernés. Avec une discrétion, tout à
son honneur, il a épargné aux deux malheureuses, toutes ces pénibles
obligations que sont ces diverses demandes de remplissages de
formulaires de tous bords....
Continue
Et
Pascale reprend courageusement son chemin, ses entraînements,
ses expériences informatiques, et ses "extra au sac"
C'est
ainsi qu'elle rencontre et qu'elle se rend compte que la vie est
occupée à la transformer, doucement mais sûrement, en une très
jolie jeune femme, avec ses responsabilités, ses envies et ses
besoins.
Elle
n'en conserve pas moins jalousement, ce que le "Grand
Jacques" appelait dans le film "Mon oncle
Benjamin" son petit capital.
N'en
déplaise à tous ces "Vincent, Pol, ou les autres"
qui croisent son chemin.
Toubib
!
-salut
"toubib" … encore toi ?
Toubib,
puisque lui voici son nouveau surnom, en reste pantois.
Habitué
par ce genre de situation, qu'il a pourtant plusieurs fois
rencontrée, il ne peut prononcer aucun mot.
Ce
corps, sur lequel il s'est investi depuis des jours et des
jours, se battant avec toutes ses connaissances, toute son expérience,
tous les moyens mis à sa disposition par une équipe omni présente…
ce corps martyrisé, torturé, violé, revient à la vie d'une
façon presque naturelle, presque théâtrale, que dis-je et je
le dis, vraiment burlesque.
-ben
oui !… chaque fois que je reviens de l'enfer, t'es la !
Changement
de boulot
En
attendant l'arrivée de Pascale, et depuis le départ de Michel,
Pierre a abandonné son tabouret et, comme au bon vieux temps, a
reprit du service, en prévoyant, bien sûr, le court terme de
celui-ci, puisque bientôt, claironne t'il à qui veut
l'entendre, il aurait la meilleure serveuse du pays !
Et
personne n'ose ni ne pense, un seul instant, le contredire. Tous
!, personnel et même clients attendent patiemment de vivre la
suite des événements.
Pierre
et Roger
Soudain,
elle l'aperçoit, grand, souple, décontracté. Il est vêtu
classique, pantalon clair, veston foncé, chemise ouverte et
chaussure en daim.
Pour
tout bagage, il n'a qu'un grand sac de sport en toile.
Elle
se plante sur son passage:
-monsieur
Alain Vertongen ?
-c'est
moi, oui !
Il
a répondu simplement, sans marquer le moindre étonnement.
-votre
père n'a pas pu se déplacer lui-même. Il m'a demandé de
venir vous chercher
Alain
Avant
qu'elle n'ait eu le temps de s'en rendre compte, sa bouche
s'entrouvre sous les lèvres douces et chaudes qui lui apportent
ce tout premier baiser. Leur visage se sont rencontrés d'eux-mêmes
et mélangent leurs larmes comme pour les nettoyer dans le
bonheur.
Leurs
mains sont parties ensemble à la découverte de leur corps, les
faisant soupirer d'aise et de bien être.
Le
ciel est descendu
dans leur cœur faisant naître une musique que nul maître
n'aurait pu imaginer.
Je
crois que la terre elle-même s'est arrêtée de tourner afin de
ne pas troubler cette rencontre de deux âmes dans l'immensité
de leur amour encore si nouveau et déjà si grand.
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